Le gouvernement a lancé en février 2026 un plan d’actions ambitieux pour garantir le droit à la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Chez Eva, on vous explique tout.
Pourquoi ce plan arrive maintenant ?
Franchement, ce n’est pas une surprise que ce sujet remonte enfin à la surface. Depuis des années, les professionnel·le·s du secteur médico-social, les associations, les personnes concernées elles-mêmes se battent pour que la question de la vie intime des personnes en situation de handicap soit prise au sérieux. Et pas juste en théorie.
Le 19 février 2026, les ministres Stéphanie Rist et Charlotte Parmentier-Lecocq ont officiellement lancé le plan d’actions 2026-2027 pour la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap — et la lutte contre les violences qui y sont associées. Ce plan s’inscrit dans la continuité de la Conférence nationale du handicap de 2023 et des engagements de la France envers la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées.
Ce qui est remarquable, et c’est important de le souligner : ce plan n’a pas été conçu dans un bureau, loin du terrain. Il a été co-construit avec les personnes directement concernées — notamment les femmes en situation de handicap —, des associations, des agences régionales de santé, des professionnel·le·s et des expert·e·s. C’est déjà un signal fort.
Les 4 piliers du plan : décryptage
Le plan est structuré autour de quatre axes. Voilà ce que ça veut dire concrètement, au quotidien, pour les personnes concernées et pour les professionnel·le·s qui les accompagnent.
Promouvoir le respect de la vie intime, affective et sexuelle
Des ressources accessibles et adaptées seront créées — plateformes web, guides pratiques, modules de formation. Des campagnes de sensibilisation auront pour mission de faire évoluer le regard du grand public sur la sexualité et le handicap. Parce que oui, le tabou existe encore, et il nuit à tout le monde.
Garantir un égal accès à la santé sexuelle et reproductive
La démarche Handigynéco — un dispositif d’accompagnement gynécologique adapté — sera généralisée dans les ESMS d’ici 2027. En parallèle, un référentiel professionnel pour les AVIAS (Accompagnants à la Vie Intime, Affective et Sexuelle) sera élaboré pour encadrer ces missions de façon éthique et sérieuse.
Prévenir, repérer les violences et accompagner les victimes
Les femmes en situation de handicap sont deux fois plus exposées aux violences sexuelles que la population générale. Pour y répondre : des formations spécifiques pour les professionnel·le·s de la justice et de l’accueil, afin de mieux recueillir la parole des victimes. Et d’ici juin 2027, un contrôle systématique des antécédents judiciaires des professionnel·le·s intervenant auprès des enfants en situation de handicap sera mis en place.
Faire évoluer les pratiques professionnelles et institutionnelles
Des formations dédiées seront dispensées aux professionnel·le·s de santé, des ESMS, des services de protection des majeurs, de l’éducation et de l’ASE. Côté pratique : les espaces privés dans les établissements devront être propices à la vie intime et sexuelle. La question de l’espace et de l’intimité physique est souvent négligée — c’est enfin reconnu.
« La vie intime, affective et sexuelle est une dimension essentielle de la dignité humaine — pour toutes et tous, sans exception. »
Les centres INTIMAGIR : un pilier de terrain
Si vous travaillez dans le secteur médico-social ou avec des personnes en situation de handicap, vous avez peut-être déjà entendu parler des centres ressources INTIMAGIR. Lancés en 2019, présents dans toutes les régions de France, ils proposent écoute, information et orientation sur la vie intime, affective, sexuelle et la parentalité.
Dans le cadre de ce nouveau plan, les centres INTIMAGIR auront pour mission de délivrer un socle national d’outils fiables de sensibilisation et de formation, utilisables sur l’ensemble du territoire. Bonne nouvelle : cela permettra enfin une cohérence nationale des pratiques, quelque chose que l’on attend depuis longtemps sur le terrain.
Et la question de l’assistance sexuelle ?
Soyons honnêtes : c’est la question que tout le monde se pose, et le plan ne la tranche pas. L’assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap reste un sujet juridiquement et éthiquement complexe en France. Le plan s’engage à clarifier le cadre juridique relatif à l’accompagnement aux gestes du corps pour les professionnel·le·s — sans pour autant légiférer sur l’assistance sexuelle à proprement parler.
C’est une position prudente, qui reflète les tensions réelles autour de ce débat. Un groupe d’experts sera constitué — en lien avec la Haute Autorité de santé — pour ouvrir des travaux sur des thématiques spécifiques comme la prostitution des femmes en situation de handicap ou la cybercriminalité et l’exploitation sexuelle des mineurs handicapés. Des sujets graves, qui méritent cette attention particulière.
Ce que ça change pour les professionnel·le·s — et pourquoi la formation compte
Si vous lisez ce blog, c’est probablement parce que vous êtes éducateur·trice, soignant·e, travailleur·euse social·e, directeur·trice d’établissement, ou simplement quelqu’un qui s’intéresse à ces questions. Et ce plan vous concerne directement.
Parce que l’éducation à la vie affective et sexuelle ne peut pas se résumer à une brochure distribuée à l’entrée d’un établissement. Elle nécessite des professionnel·le·s formé·e·s, à l’aise avec ces sujets, capables d’aborder la question de l’intimité dans le handicap avec tact, respect et sans tabou.
C’est exactement ce que nous travaillons à faire chez EVA Formation Conseil. Nos formations pour professionnel·le·s visent à vous donner les outils concrets pour accompagner les personnes que vous côtoyez dans leurs droits à une vie affective épanouie — qu’il s’agisse de jeunes en situation de handicap, d’adultes en ESMS, ou de personnes accompagnées à domicile.
Ce plan 2026-2027 renforce une conviction que nous défendons depuis longtemps : la formation des équipes est un levier incontournable pour que les droits restent des droits, et pas seulement des mots dans un texte officiel.
Ce qu’on en pense — avec sincérité
Ce plan, c’est un pas en avant réel. Le fait qu’il ait été construit avec les personnes concernées, qu’il traite à la fois de l’accès à la vie intime et de la protection contre les violences, qu’il engage plusieurs ministères — c’est encourageant et c’est nécessaire.
Maintenant, soyons lucides : un plan, ça ne change pas les choses du jour au lendemain. La question de l’application réelle sur le terrain, dans des établissements sous-dotés, avec des équipes déjà surchargées, reste entière. C’est là que le rôle des professionnel·le·s formé·e·s, informé·e·s et engagé·e·s devient crucial.
Chez EVA, on continuera de suivre l’avancement de ce plan, de vous tenir informé·e·s des évolutions, et de proposer des formations adaptées pour que ces droits deviennent une réalité concrète au quotidien. Parce que la dignité ne devrait pas dépendre du hasard de l’établissement dans lequel on vit.
Vous souhaitez former vos équipes sur ces thématiques ?
EVA Formation Conseil propose des programmes adaptés aux professionnel·le·s du secteur médico-social et éducatif pour aborder la vie affective, l’intimité et le consentement avec sérénité et compétence.
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